Première rencontre avec Tristan...

La « Fontaine », un lieu idyllique que nous surnommions ainsi car l'eau qui ruisselait à cet endroit était limpide. Un trou percé entre les rochers laissait couler un fin filet d'eau claire qui finissait dans un bassin naturelle, légèrement aménagé, servant de réserve d'eau pour le bétail, mais surtout de piscine privée… la température de l'eau de la marre n'était pas trop froide vu la faible profondeur et l'ensoleillement continuel. Lorsque les cousins et les copains sont là, il est difficile de s'y baigner en toute aisance, mais là, seule je pouvais y aller nue sans crainte d'être vue. En un quart de seconde je fus dans l'eau dans mon plus simple appareil… un délice ! Elle était quand même un peu fraîche, mais quel plaisir avec une température extérieure qui frisait les 35°C à l'ombre. Quelques brasses et j'étais arrivée sur l'autre rive. Là un ponton de vieux rondins avait été installé par mon oncle l'année dernière… je pouvais y pratiquer mon sport favori, le bronzage coquin ! Je m'étendais nue à la vue des oiseaux et j'écartais mes cuisses afin que le soleil réchauffe mon entrejambe. La chaleur à cet endroit me faisait rapidement monter la pression et ça se terminait souvent par un « triturage » géant du petit bouton, avec cris, gémissements et tout ce qui va avec. Dès que je n'en pouvais plus, j'éteignais le feu en plongeant dans l'eau fraîche… mais, cette fois-ci, j'ai eu rapidement l'impression d'être observé. De ce fait, pas moyen d'arriver à mes fins… donc, retour rapide sur l'autre rive. Rhabillage en temps record, encore toute mouillée et… où est mon vélo ?... j'étais sure de l'avoir posé ici. Quel plaisantin m'avait joué un tour pareil ? Mon suceur de clito m'aurait-il suivi jusque là ? Je n'avais pourtant pas entendu de bruit de moto…

Bon, ben j'en étais quitte pour une marche forcée. Heureusement qu'il ne m'avait pas piqué mes fringues, j'aurai eu l'air de quoi à retourner à la ferme en tenue d'Eve ! Alors que j'entrepris de reprendre le chemin à pied, un craquement me fit me retourner ! Un jeune homme sortit d'un bosquet en tenant mon cycle à la main. Il me dit « C'est à vous cet engin ? »… je m'approchai de lui, il avait des grands yeux bleus, des longs cheveux blonds bouclés, une barbe naissante. Il portait un pantalon kaki troué, un débardeur gris et des baskets sales. « Oui, c'est à moi, enfin à mon cousin… » Répondis-je, fascinée par ces grands yeux qui me dévisageait de la tête au pied. « Vous ne m'avez pas vu dans la marre ? » continu ai-je. « Non, je passais par là par hasard et j'ai vu ce vélo abandonné, sans son propriétaire… Tenez, je vous le rends.» J'ai presque fondu en lui disant merci. Je n'avais jamais vu ce jeune homme traîner dans le coin auparavant, mais à ce moment même si il avait voulu me prendre de force, je me serai abandonnée complètement sans broncher… Je me suis éloignée doucement en tirant mon vélo et j'ai soudain lancé vers lui : « Je m'appelle Cerise et vous, c'est comment ?... » Il m'a répondu « Tristan, je suis saisonnier à la ferme des chênes. Peut-être qu'on se reverra ? » Je pense qu'il pouvait y compter…            



Article ajouté le 2009-10-01 , consulté 2 fois

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